Le protocole de Londres, ou la mort de la langue française
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Vous connaissez le protocole de Londres ? non ?
Moi non plus… Enfin, plus depuis quelques jours ou un lecteur de Korben.info est venu m’en parler un peu via MSN.
Je vais essayer de vous faire un résumé rapide et non-ennuyeux car quand il s’agit de textes de loi et de pétitions, je suis le premier à bailler.
Sachez qu’on est ici dans un cas de figure très similaire aux brevêts sur les logiciels. En gros des grosses entreprises américaines font pression pour que les politiques signent ce protocole afin officiellement de diminuer le coût des brevets d’invention en supprimant l’obligation de traduire en français tous les brevets rédigés en langue anglaise ou allemande.
Officieusement, cela revient à admettre, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale.
Et alors me direz vous ?
Et alors je cite:
L’avenir des brevets en Europe est, à plus ou moins long terme, le brevet communautaire qui devrait être traduit intégralement au moins dans les trois langues officielles de l’OEB. Les différents pays concernés ont cessé toute discussion lors de la dernière réunion sur le brevet communautaire, dans le cadre du sommet européen de Laeken, en raison des questions linguistiques posées par le protocole de Londres. Il serait impensable de vouloir à tout prix ratifier ce traité en compromettant le brevet communautaire qui devrait régler les vraies difficultés rencontrées par les petites entreprises françaises et européennes lors du dépôt d’un brevet d’invention. L’OEB a trois langues officielles, l’une d’elles, la langue française, ne doit pas être sacrifiée au profit des intérêts financiers de quelques multinationales !
Un pays qui traite de l’usage de sa langue en termes de rentabilité est un pays qui a déjà renoncé à sa culture. En ne ratifiant pas le protocole de Londres, la France pourrait s’enorgueillir d’avoir contribué à la sauvegarde et à la promotion d’un vrai plurilinguisme européen et à la construction d’une Europe des citoyens qui pourraient avoir accès aux informations dans leur langue maternelle.
Bref, si vous vous sentez ne serais-ce qu’un peu concerné par tout ceci, n’hésitez pas à signer la pétition.
Je vous encourage aussi à lire ceci chez Wikipedia et à vous rendre sur le site officiel du comité contre le protocole de Londres.
Je vous recommande aussi la lecture des sujets suivants
- La Nouvelle Zélande contre les brevets logiciels
- Tout savoir sur un pays grâce à la CIA
- Google, un proxy libre !
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- L’IFPI fait les yeux doux aux politiciens Européens pour faire passer des idées à la con
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Un geste pour la Terre, un pour la langue fr at daria blogue
[...] Korben nous alerte sur le projet de Londres. Il nous explique En gros des grosses entreprises américaines [...]
Posté le 25 juillet 2007 à 14:56:27
Lanza Gerald
Bonjour,
Je tiens à vous remercier de l’article que vous avez diffusé sur votre site ainsi que les liens vers la pétition et le comité de soutien.
Je tiens à votre disposition un argumentaire complet au format PDF.
Cordialement.
Gerald Lanza.
Posté le 27 juillet 2007 à 12:53:04
NicoFayet, le blog
En vrac – 3…
Le tiret et l’underscore c’est pareil pour Google maintenant. Via Indexweb.
500 000 ventes pour l’iPhone mais que 150 000 activations. Via GNT.
Calculateur de CO2 en ligne d’Air France. Il prend en compte des données réelles d…
Posté le 27 juillet 2007 à 18:28:06
Lanza Gérald
Suite aux nombreuses signatures de la pétition contre la ratification du protocole de Londres http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=217 (dont je suis l’auteur)), nous avons créé une association afin dâ??être reçus par les pouvoirs publics.
Cette association, lâ??ADIF (Association pour le Droit à lâ??Information en Français) a pour but la défense et le rayonnement de la langue française sur le plan national et sur le plan international, la défense de lâ??évolution du langage scientifique français et la défense des intérêts des membres.
Un formulaire pour une adhésion GRATUITE à lâ??association est téléchargeable également sur le site de lâ??ADIF, veuillez remplir le formulaire et le renvoyer à lâ??adresse indiquée sur celui-ci.
Nâ??hésitez pas à diffuser le formulaire dâ??adhésion auprès de votre entourage, plus nous aurons dâ??adhésions, plus nous serons entendus.
Egalement, un site Internet a été mis en place où vous trouverez les statuts de lâ??association, des articles, les membres du bureau, les vraies statistiques des dépôts de demandes à lâ??Office Européen des Brevetsâ?¦etc.
Nous avons contacté les journaux (notamment « le canard enchaîné »), les syndicats (CGT, FO, CFTC), les artistes afin de nous aider dans notre combat contre la ratification du protocole de Londres.
Nous comptons sur votre adhésion GRATUITE à lâ??ADIF.
Gérald Lanza secrétaire de lâ??ADIF
http://adif.ovh.org
Posté le 2 septembre 2007 à 15:54:36
admin
Merci pour ces informations Gerald !
Faut pas lacher surtout !
Posté le 2 septembre 2007 à 21:11:48
TATARD
LE TEMPS ET LES MOTS pour Raymond Devos et Yves Dutheil
Le temps, mathématiquement appelé quatrième dimension, à trois formes : le passé, le présent et lâ??avenir. Il se chiffre par ce quâ??on appelle la durée. La durée du passé câ??est lâ??âge, celle du présent câ??est lâ??heure et celle de lâ??avenir câ??est lâ??espérance ou lâ??incertitude qui vont si bien ensemble, sauf dans les calendriers ou certaines éphémérides. On peut préférer le raccourci poétique qui dit que : « le passé est lâ??étron du présent qui dévore lâ??avenir ». Jusque là , on est en phase avec les Anglais : la durée du temps est pour eux « the duration of the time. »
Pour une petite durée on aura un moment ou un petit moment. On peut réduire encore avec un instant et même un petit instant, jusquâ??à lâ??instantané qui vaut zéro. Là , on quitte nos amis britanniques. Pour eux, pas de telles nuances subtiles ; lâ??instant et lâ??instantané, sont lâ??immédiat.
Pour le temps passé, le Français parle de lâ??âge, lâ??Anglais aussi. Pour la fatigue de lâ??âge, le Français parle du vieillissement. Lâ??Anglais, au lieu de former un mot à partir de « old », nâ??hésite pas à parler dâ??« ageing ».
What time is it ? = Quelle heure est-il ? La précision devient française. On notera, en conséquence, la confusion britannique entre heure et temps. Lâ??heure est une notion quantitative alors que le temps (the time) est une notion qualitative imprécise. La quatrième dimension ne saurait être traitée avec autant de légèreté.
Là , où on voit que le cartésianisme se limite aux jardins à la française, câ??est quand on aborde les choses climatiques en parlant du temps quâ??il fait. Le mot temps va aussi désigner les manifestations météoriques dont la science est appelée météorologie. Le « populaire », faute dâ??un mot adéquat, a immédiatement trouvé un raccourci. Ce temps-là est devenu la météo. Les Anglais nâ??ont pas eu ce souci puisquâ??ils disposaient dans leur vocabulaire du mot « weather ».
Pour exprimer les dégradations dues aux variations de température, dâ??humidité, du vent et de tous les éléments généreusement distribués par la nature, nous pouvons employer le mot, commun aux deux langues « érosion ». Nos voisins britanniques lui préfèrent « weathering ». Ils réservent lâ??érosion aux laminages répétés des vents de sable, des marées, des vagues de la mer, de la progression des glaciers et des courants de toutes sortes.
En combinant lâ??« agéing » et le « weathering » on obtient une parfaite image de la dégénérescence des choses et des gens.
On croyait avoir trouvé la quintessence de la philosophie lorsque François Mitterrand lança la mode de sa pensée ronflante et creuse :
« Il faut laisser le temps au temps »
Sortie dâ??un contexte purement météorologique, cette ânerie nâ??est quâ??une forme de pléonasme.
Pour revenir à lâ??étymologie du mot météorologie, on avait raison de penser quâ??il sâ??agirait là de lâ??étude des météores. On notera, en passant, la grande différence de définition entre le dictionnaire Larousse et la météorologie. En effet le dictionnaire définit le météore comme le phénomène lumineux produit par lâ??ignition de la météorite lorsquâ??elle brûle en rentrant dans lâ??atmosphère. Câ??est la fameuse étoile filante. Pour les météorologues, les météores sont constitués par toutes les choses naturelles qui descendent de lâ??atmosphère. Ainsi, les pluies, la neige et la grêle sont considérées comme des météores aqueux. Les comètes aussi sont des météores à queue, mais elles ne tombent pas sur la terre. La différence dâ??orthographe trouve peut-être là son explication. Câ??est quand même beau, clair et précis la langue française, la plus intelligente et la plus belle du monde comme chacun sait.
La créativité des hommes médiatiques est très grande pour faire évoluer la langue française. Le résultat nâ??est pas toujours heureux. Ainsi, le général De Gaulle avait lancé et répété son fameux « tirer les conséquences » qui émaille, désormais, tous les discours publics. Avant cela, on se contentait de prévoir, dâ??envisager ou de mettre en garde contre ; ces fameuses conséquences. Par contre, de tout cela on peut tirer des conclusions. Comme quoi on ne peut pas tirer nâ??importe quoi et nâ??importe qui nâ??importe comment.
Le grand présentateur Jacques Martin a créé des prononciations qui ont fait école. Désormais, sur les ondes, le mois de Juin se prononce JOUIN, le zoo sâ??entendra ZOU et la jungle : la JONGLE. On remplace lâ??expression « par rapport » ou « le rapport avec » par le « rapport à ».
Lâ??E.NA nous abreuve de « en tout état de cause » qui ne veut rien dire, on peut le supprimer sans changer le sens de la phrase. De même, en parlant, on ajoute des « e » là où il nâ??y en a pas ce qui donne :
« Il fallaite abandonner le navire, car, il étaite en train de couler »
Il suffit quâ??un Président de la République quelconque lance la mode pour que tous les présentateurs de télévision et les hommes politiques, godillots perroquets, suivent et répètent. On pouvait penser que « câ??étaite » une façon de chercher ses mots mais il nâ??en est rien. Même, quand un Président de la République a la flemme dâ??apprendre les discours quâ??on a écrits pour lui et quâ??il lit son texte sans pudeur, il continue cette manie disgracieuse. Là , au moins, le Général de Gaulle connaissait les textes quâ??il apprenait par cÅ?ur, dâ??autant plus facilement que câ??est lui qui les composait.
Le populaire nâ??emploie pas « en tout état de cause » réservé aux énarques ou à « la France dâ??en haut ». Même le « en quelque sorte » qui eut son heure de gloire, sâ??est limité aux classes moyennes. Il sâ??invente et lance ses propres modes qui ont substitué le « tout à fait » à la bonne vieille affirmation OUI, puis les « câ??est vrai que » entrecoupés de « en fait » à répétition. Cela passera mais on sent une menace avec « câ??est clair » qui pointe le nez, mais sans faire encore tache dâ??huile.
Posté le 17 mars 2008 à 14:53:48
Kyro
C’est pour Dr House ça ? ^^’
Posté le 4 juin 2008 à 10:52:06
» Le protocole de Londres, ou la mort de la langue française Eldiz
[...] qu’il y a peu de risques que ça passe, mais c’est toujours bon de montrer ses valeurs) http://www.korben.info/le-protocole-d…; [...]
Posté le 28 septembre 2008 à 00:14:38